
Pâturage : quels impacts réels sur vos animaux ?
15 mars 2026Depuis plusieurs années, les connaissances scientifiques sur la santé des abeilles progressent rapidement. Si Varroa destructor reste l’un des principaux facteurs d’affaiblissement des colonies, les travaux scientifiques menés ces dernières années montrent aujourd’hui que les pertes hivernales résultent bien souvent d’une combinaison de plusieurs facteurs : parasites, virus, bactéries, champignons, qualité de l’alimentation, environnement et pratiques apicoles.
APIMONDIA a publié en juin 2026 un document proposant une évolution majeure de la surveillance sanitaire des abeilles à l’échelle mondiale (https://apimondia.org/closing-thegap-why-honey-bee-viral-diseases-must-be-listed-by-woah/). Ce rapport met plus particulièrement l’accent sur le rôle des maladies virales, leur interaction avec Varroa destructor et la nécessité de renforcer leur surveillance sanitaire.
APIMONDIA : la voix internationale de l'apiculture
APIMONDIA est la Fédération internationale des associations d’apiculteurs et des organisations du secteur apicole. Reconnue comme la principale instance mondiale de l’apiculture, elle rassemble des chercheurs, vétérinaires, apiculteurs et experts afin de promouvoir la recherche, la santé des abeilles, la coopération internationale et le développement d’une apiculture durable. Fondée en 1949, elle est l’héritière des Congrès internationaux d’apiculture créés en 1895, ce qui en fait l’une des plus anciennes organisations internationales consacrées aux abeilles.
Sa mission est de promouvoir une apiculture durable en favorisant :
- les échanges scientifiques internationaux ;
- le partage des connaissances techniques ;
- l’amélioration de la santé des abeilles ;
- la protection de la biodiversité ;
- le développement d’une apiculture durable.
À travers ses groupes de travail scientifiques, APIMONDIA participe activement à l’élaboration de recommandations destinées aux institutions internationales, aux vétérinaires et aux réseaux sanitaires.
Pourquoi ce nouveau rapport est-il important ?
Le document publié en 2026 ne concerne pas seulement les chercheurs. Il marque une évolution importante dans la manière d’aborder la santé des colonies. Les auteurs rappellent que les abeilles assurent la pollinisation d’environ 75 % des principales cultures mondiales et jouent un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire, la biodiversité, l’économie agricole et les productions apicoles. 2 Pourtant, contrairement aux bovins, aux volailles ou aux porcs, les principales maladies virales des abeilles ne sont toujours pas intégrées dans les standards internationaux de la WOAH (Organisation mondiale de la santé animale).
Les virus : un danger souvent invisible
Le rapport rappelle un point fondamental. Les virus des abeilles peuvent être présents dans une colonie sans provoquer de symptômes visibles.
Tableau : Les principaux virus des abeilles : intérêt de leur surveillance
À retenir :
La présence d’un virus ne signifie pas nécessairement que la colonie est malade. L’interprétation d’un résultat virologique doit donc toujours être replacée dans son contexte sanitaire global. De nombreuses colonies hébergent un ou plusieurs virus sans présenter de symptômes. Le risque dépend principalement de la charge virale, de la présence de coinfections et de facteurs favorisants, en particulier Varroa destructor, qui joue un rôle majeur dans la transmission et l’amplification de plusieurs virus.
Ces virus sont fréquemment retrouvés simultanément dans une même colonie et peuvent provoquer:
- un affaiblissement chronique ;
- une diminution de la vitalité ;
- des pertes de reines ;
- une baisse de viabilité du couvain ;
- jusqu’à l’effondrement complet de la colonie lorsque plusieurs facteurs se cumulent.
Autrement dit, une colonie peut sembler en bonne santé tout en hébergeant une charge importante de pathogènes.
Le rôle central de Varroa destructor
Ces virus sont fréquemment retrouvés simultanément dans une même colonie et peuvent provoquer:
- un affaiblissement chronique ;
- une diminution de la vitalité ;
- des pertes de reines ;
- une baisse de viabilité du couvain ;
- jusqu’à l’effondrement complet de la colonie lorsque plusieurs facteurs se cumulent.
Autrement dit, une colonie peut sembler en bonne santé tout en hébergeant une charge importante de pathogènes.
Le rapport souligne le rôle central de Varroa destructor dans la transmission et l’amplification de plusieurs virus majeurs. En se nourrissant des abeilles, il facilite notamment la transmission de virus tels que DWV-A, DWVB ou ABPV, augmentant fortement le risque d’effondrement des colonies. Cette interaction pourrait expliquer pourquoi deux colonies présentant un niveau d’infestation similaire par Varroa peuvent évoluer différemment selon leur état sanitaire global.
Une nouvelle approche : détecter avant les symptômes
L’un des messages les plus importants du rapport est le suivant :
la surveillance sanitaire ne doit plus se limiter aux colonies présentant des symptômes visibles.
Les auteurs recommandent de renforcer :
- la détection précoce ;
- la surveillance régulière ;
- le diagnostic de laboratoire ;
- le suivi des principaux virus circulant dans les ruchers
Cette approche préventive permettrait d’identifier plus rapidement les colonies fragilisées et de mieux adapter les décisions de conduite du rucher.`
Pourquoi APIMONDIA soutient le développement des diagnostics moléculaires ?
Le rapport va encore plus loin. Il recommande le développement de protocoles internationaux de surveillance ainsi que de tests diagnostiques multi-pathogènes, capables de détecter simultanément plusieurs virus afin de :
- limiter leur diffusion ;
- sécuriser les échanges d’essaims et de reines ;
- améliorer la surveillance sanitaire des ruchers ;
- renforcer les stratégies de prévention.
Cette orientation témoigne de l’importance croissante accordée à la détection précoce et au diagnostic de laboratoire dans les stratégies de surveillance sanitaire proposées par APIMONDIA.
Une vision globale de la santé des abeilles
Le rapport s’inscrit dans l’approche « One Health », qui considère que la santé animale, la santé des écosystèmes et la sécurité alimentaire sont étroitement liées. Selon APIMONDIA, les maladies virales des abeilles ne doivent plus être considérées comme une simple problématique apicole, mais comme un enjeu mondial ayant des conséquences agricoles, économiques et environnementales.
Ce qu'il faut retenir
Les connaissances scientifiques sur la santé des abeilles progressent rapidement, mais leur diffusion vers les pratiques de terrain demande du temps. Alors que la recherche met en évidence le rôle des virus, des co-infections et de la détection précoce, le transfert de ces connaissances scientifiques vers les pratiques de terrain constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour améliorer le suivi sanitaire des colonies. Aujourd’hui, la prévention ne peut plus se limiter à la maîtrise de Varroa destructor. Elle doit également s’appuyer sur une meilleure compréhension des agents pathogènes présents dans les colonies et sur une surveillance sanitaire permettant de détecter précocement les facteurs de risque. Cette évolution de pratiques marque une nouvelle étape dans la gestion de la santé des abeilles. Elle ouvre la voie à une apiculture plus préventive, fondée sur des données objectives, afin d’aider les apiculteurs à prendre des décisions éclairées, notamment lors des périodes clés comme la préparation des abeilles d’hiver.
Référence : Sousa, Raquel de. Closing the Gap: Why Honey Bee Viral Diseases Must Be Listed by WOAH – APIMONDIA. 4 juin 2026. https://apimondia.org/closing-the-gap-why-honey-beeviral-diseases-must-be-listed-by-woah/.
Chez Solu’Nature, nous suivons avec attention les évolutions scientifiques et les recommandations internationales afin de contribuer au partage des connaissances et à l’amélioration de la santé des colonies.
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